Quand le jeu permet la connexion entre le monde des parents et celui des enfants

Interview Isabelle Mazarguil

Récemment interrogée sur le Salon Kidexpo, Isabelle Mazarguil, Présidente de Juniors & Co, nous livre les dernières tendances dans l’univers du jeu et du jouet sur le segment des 6-12 ans.

« Je me suis étonnée de constater que pour beaucoup d’adultes seul compte, aux yeux de leurs enfants, de jouer entre eux avec des jeux que les parents ne comprennent pas !

Pourtant s’il y a bien un âge où l’enfant désire – parfois implore – la présence de ses parents, c’est à l’âge des Juniors, entre petite enfance et adolescence. Et la phase de jeu ne fait pas exception, bien au contraire. Pourquoi croyez vous que les jeux de construction, les poupées et autres jeux de société continuent d’être en haut de l’affiche ? Car – entre autres – ils permettent à l’enfant de partager sa phase de jeu et toute l’imagination et l’émerveillement qui en découle avec les adultes.

Quels sont les jouets « tendance » de ce Noël 2012 ? A cette question je répondrais par deux extrêmes : le jeu traditionnel, qui a fait ses preuves et que fort judicieusement les éditeurs ont pensé à relooker et adapter, et le jeu technologique, moteur d’une autonomisation de l’enfant, au premier rang desquels les tablettes tactiles.

Pourquoi ? Pour deux raisons au moins concernant les jeux traditionnels :

  • D’une part car les enfants n’ont pas de mémoire : un jeu en balaie un autre, à grand coup de campagne média… sauf si c’est un bon jeu. Regardez comme les enfants ne s’amusent jamais aussi bien qu’avec des billes, un bon Monopoly ou une partie de SOS Wistiti. Ils y sont d’ailleurs encouragés par leurs parents qui y voient l’occasion, comprenant ces jeux et ayant la supériorité de l’expérience, d’une transmission familiale. C’est pour cela que les jeux d’antan refont leur apparition (même le Ni oui, ni non a repris du service) et que les jeux de société continuent de progresser.
  • D’autre part parce que les grands maitres de ces jeux « traditionnels » (parmi lesquels on trouve LEGO mais aussi MATTEL et PLAYMOBIL) ont su se renouveler tout en conservant les référents essentiels qui permettent la transmission. Ils jouent sur le goût fondamental des enfants pour l’imitation, la représentation de leur propre univers et la création d’univers rêvés, tout en étant dans leur époque.

Concernant les jeux technologiques, il est clair que leur attrait résulte davantage de la satisfaction d’un besoin d’autonomie et de faire « comme les grands », sous le regard tout de même impressionné de leurs parents.

Des parents qui trouvent à ces jeux au moins 2 qualités : ces outils peuvent aussi être des supports éducatifs, favorisant l’acquisition de savoirs tout en faisant jouer l’enfant … calmement. Ils sont cependant deux défauts : leur prix et le contrôle parental qui reste absolument nécessaire.

Là encore, les enfants ne se laissent pas séduire par ces jeux s’ils n’ont pas les qualités intrinsèques d’un bon jeu : ergonomie, facilité d’utilisation, propices à construire, rire, partager, réfléchir, se mesurer. Si évolués soient-ils, ils ne trouvent leur public qu’à ces conditions. D’où le succès qui démarre déjà du jeu de l’oie sur tablette !!! Encore fallait-il y penser. »

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